Madame la Rectrice de région académique, Messieurs les recteurs des académies de Créteil et Versailles, Mesdames,
Messieurs,
La France a traversé un deuxième épisode de très forte chaleur, après une première phase fin mai qui avait déjà
atteint sévèrement le système éducatif. A l’époque déjà, 80% des établissements de la région avait recensé des
températures supérieures à 28° dans les salles de classe. Ce second épisode a été encore plus violent, alors que se
déroulaient en lycée et en collège les examens. il montre la fragilité du bâti scolaire qui n’est pas fait pour faire face à
des températures élevées sur de longues durées, même dans les établissements plus récents pourtant censés
répondre à des normes plus élevées. D’autre part, alors que certains discours sécuritaires et réactionnaires parlent de
« sanctuarisation » des établissements, force est de constater que cette dimension n’est pas du tout prise en compte
quand il s’agirait de la décliner dans sa dimension écologique et sanitaire pour les personnels et les usager·es afin de
garantir de meilleures conditions de travail et d’études. Elle illustre enfin l’incurie du ministère qui se contente, à
chaque épisode, de donner quelques vagues conseils de bon sens (fermer les fenêtres quand il fait chaud et boire
régulièrement) sans engager aucune politique sérieuse de prévention, à fortiori dans les villes et quartiers où les
familles sont déjà exposées à l’habitat insalubre. Il faut donc un effort d’investissement important de l’État et des
collectivités territoriales pour préparer le système éducatif au réchauffement climatique. Ces derniers doivent aussi
préparer les périodes de canicule, adapter les horaires et réfléchir à l’organisation de l’année scolaire. Même si le bâti
scolaire dépend des collectivités territoriales, l’employeur est responsable des conditions de travail des professeur.es
des agent.es et d’enseignement des élèves.
Cette situation est tout aussi préoccupante dans le premier degré, en particulier dans les écoles maternelles. Les
jeunes enfants font pourtant partie des publics les plus vulnérables face aux épisodes de fortes chaleurs. Or, de
nombreuses remontées font état de salles de classe et de dortoirs fortement surchauffés, sans aménagements
adaptés. Nous nous étonnons notamment de l’absence de recommandations spécifiques concernant les temps de
sieste alors même que les dortoirs constituent souvent les espaces les plus exposés aux risques de déshydratation et
de coups de chaleur. Une véritable politique de prévention doit prendre en compte les besoin particuliers des élèves
les plus jeunes et garantir leur sécurité dans l’ensemble des temps scolaires.
Dans ce contexte, la gestion des examens a été particulièrement erratique. Le ministre a décidé d’autoriser les centres
d’examens du baccalauréat général à décaler les candidates et candidats à cette semaine si cela était nécessaire. A
l’inverse, il a laissé les épreuves de baccalauréat professionnel se dérouler sans aménagement. Enfin, le summum a
été atteint lors de l’épreuve de français du DNB, durant laquelle les élèves ont composé dans des salles à plus de 32°
dans la plupart des collèges. Et que dire des élèves en tiers-temps qui ont dû rester jusqu’à 13h, alors que la
température extérieure montait à plus de 40° ! Le ministère a donc compté sur l’esprit de sacrifice des personnels, et
sur la débrouille de chacune et de chacun. Ce déni de la crise climatique et de ses conséquences est inacceptable. Il
est temps maintenant pour les services de l’État de se mettre au travail !
Nous tenons aussi à dénoncer la pression mise, dans ces périodes, sur certaines catégories de personnel qui doivent
toujours se sacrifier, même quand le collège est fermé. C’est le cas des personnels administratifs, qui ne bénéficient
pas toujours du télétravail et qui doivent très souvent rester dans les murs. C’est le cas des vies scolaires, qui ont dû
continuer à assurer l’accueil des élèves les plus exposés, en mettant en jeu leur propre santé. C’est enfin le cas des
AESH qui ont dû continuer à mener l’accompagnement des élèves à besoins spécifiques. Nous continuons d’ailleurs à
exiger la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour toutes les AESH, et pas seulement pour 20% d’entre
elles ! Rappelons qu’elles sont aujourd’hui le deuxième corps de l’Éducation nationale en nombre !
Et nous dirons aussi au Conseil régional de prendre ses responsabilités !
Ce dernier s’est lancé sans discernement dans des politiques de numérisation qui contribuent massivement à
l’accroissement des émissions de CO2 dans l’atmosphère. Il a brusquement réalisé qu’il n’y avait généralement pas de
système de ventilation dans les lycées et a débloqué en catastrophe une enveloppe dimanche dernier pour acheter
des ventilateurs et des brumisateurs, alors que les magasins étaient déjà vides. L’improvisation a été à son comble !
Dans ce cas aussi, il faut se mettre au travail, et pas simplement lorsque la crise arrive ! Le bâti doit être rénové et
repensé, et la crise climatique doit être systématiquement prise en compte dans la conception des politiques des
collectivités territoriales.
Nous vous avions prévenu, Madame la rectrice, des risques qu’avait pris l’État en aidant la Région à créer un nouvel
éditeur de manuel, sans appel d’offre ni marché public, en mettant des personnels d’État à disposition. Le TA de
Montreuil a malheureusement confirmé cette analyse, obligeant la Région à retirer ces soi-disant « manuels libres ». Les
personnels, qui ne les utilisaient de toute manière que très peu, se retrouvent maintenant sans rien, et sont placés en
situation d’insécurité. Elles et ils recourent massivement à la photocopie, y compris d’œuvres protégées, pour pouvoir
préparer des séquences de qualité. Il est donc évident qu’il y aura, à un moment ou à un autre, une réaction d’un
éditeur ou d’un auteur. De plus, privés de manuel, les élèves ont de plus en plus recours aux IA dont nous connaissons
ici les biais et les risques. La FSU revendique toujours la liberté de choix des manuels par les équipes et soutient la
liberté pédagogique. Elle s’oppose à la labellisation des manuels, dans une époque où certaines forces politiques
souhaiteraient mettre au pas les enseignant-es. Elle exige que la région clarifie sa position et assume enfin ses
décisions. Nous devons maintenant savoir si nous revenons aux années 1990, si les familles des lycées devront
assumer le coût des ouvrages, ou si la région reprend sa politique de financement des ouvrages pour les élèves. Nous
pouvons d’ailleurs constater que notre demande d’audience auprès de Mme la Rectrice de région académique sur le
sujet est restée lettre morte, sans doute un signe du malaise autour de cette question.
En France, le pays connaît une forte hausse des prix depuis le début du conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Si
le choc inflationniste est déjà important, les économistes envisagent une accélération de l’inflation après l’été 2026.
Dans ce contexte, le blocage des salaires dans la fonction publique met les personnels particulièrement en difficulté.
La revalorisation du SMIC intervenue au 1er juin de 2,41 % met une nouvelle fois en évidence le décrochage salarial
de la fonction publique. Faute de mesures générales de revalorisation, les écarts entre les premiers niveaux de
rémunération et le SMIC continuent de se réduire, conduisant à une situation où l’expérience professionnelle est de
moins en moins reconnue financièrement. Plutôt de débloquer les budgets nécessaires, le gouvernement minoritaire
s’est d’ailleurs empressé de décider d’économiser 6 milliards d’euros sur le budget 2026. La FSU revendique un
déblocage des salaires et un plan de rattrapage qui permette de compenser l’inflation et de rattraper le retard pris
depuis 2011. Elle sera dans l’action, avec l’intersyndicale et les personnels, le 29 septembre prochain pour exiger
satisfaction de ses revendications.
L’imposition à marche forcée de réformes contestées par les représentants des personnels restera la marque de
fabrique du gouvernement Macron, qui dicte ses réformes envers et contre tout, notamment dans la voie
professionnelle. Sans surprise, et d’après les remontées que nous avons des établissements, le parcours différencié
va encore être un fiasco cette année. Une partie importante des élèves a disparu des établissements et n’est donc,
comme l’année dernière, ni en PFMP, ni au lycée. En outre, cela a désorganisé le fonctionnement des établissements
scolaires, dégradé les conditions de travail des personnels et fait perdre des heures d’enseignement disciplinaires aux
élèves. Nous prenons acte du rétablissement des examens du bac pro à partir de la mi-juin 2027 mais dénonçons la
projection du « parcours personnalisé », sur un nouveau format, qui n’a qu’une seule logique, celle du tri social de nos
élèves. L’entêtement ministériel à maintenir coûte que coûte un dispositif voué à l’échec interroge profondément notre
organisation qui y voit un acharnement idéologique confinant à l’aveuglement.
Comme nous l’avions annoncé lors de notre déclaration du 16 décembre, les capacités d’accueil dans les lycées
professionnels sont insuffisantes dans une grande partie des départements où tous les bricolages sont en train d’être
réalisés pour pouvoir accueillir plus d’élèves. La décision de mixer des dispositifs « avenir pro » et « prépa seconde » pour
pallier les difficultés d’affectation des élèves de 3e entrant en lycée professionnel est scandaleuse. Sous couvert de
bienveillance, ce dispositif est de toute évidence également un outil de tri social des élèves qui ne dit pas son nom
pour une affectation en sureffectif en CAP quel que soit le statut, et en bac pro par apprentissage ou bien une
orientation dans des lycées privés. Cette situation inacceptable est la conséquence d’un manque d’anticipation ou de
la volonté de contraindre les orientations des élèves par souci idéologique. Pour la FSU, c’est un renoncement pour
une partie de la jeunesse. Nous demandons un élargissement de la carte des formations et le financement des
ouvertures de divisions pour satisfaire les vœux d’orientation de nos élèves. En ce jour d’affectation, nous
souhaiterions avoir une information portant sur le nombre d’élèves sans affectation au niveau de la région académique.
Concernant le point à l’ordre du jour, nous constatons que la communication du ministère sur les hackers russes a bon
dos, à moins qu’on considère que la Vendée ait déjà été conquise par le FSB.
Les sites de la région ont régulièrement été attaqués ces derniers mois. Encore cette semaine, l’application Santorin
de Versailles a été perturbée. Suite à cette attaque, il a été demandé à tous les utilisateurs d’adresses en ac-versailles
de changer leurs mots de passe. Si pour les utilisateurs individuels, la procédure par Macadam peut paraître simple,
elle ne l’est pas du tout pour les adresses fonctionnelles. Actuellement, c’est une personne, suite à un ticket Carina, qui
appelle le responsable de la boîte fonctionnelle et lui dicte un mot de passe de 14 caractères. Au vu des nombreuses
adresses fonctionnelles, on peut s’étonner d’une procédure si inadaptée. La question du numérique ne peut d’ailleurs
être abordée uniquement sous l’angle des outils. Nous aurons aujourd’hui un débat sur la cybersécurité. Pour la FSU,
cette politique ne pourra réussir que si elle s’appuie sur des moyens humains, des formations sur le temps de travail et
une véritable confiance accordée aux personnels. L’usage croissant des IA génératives constitue également un enjeu
majeur de cybersécurité. Elles représentent autant une opportunité qu’un nouveau risque : usurpation d’identité, faux
documents, hameçonnage sophistiqué. Nous attendons donc que la stratégie régionale apporte des réponses précises
sur ce sujet.
Je vous remercie de votre attention.